Le Club des Cinq en eau, c’est beau !

Si le scandale du Levothyrox® n’était pas un sujet grave, le titre de cet article pourrait prêter à sourire et sonner comme celui d’un ouvrage de la célèbre auteure pour enfants Enid Blyton.

Dans la tribune du 19/11/2017 parue dans le Journal du Dimanche, ils étaient deux pour mettre en avant l’incapacité des médecins français à résoudre les problèmes rencontrés par les victimes du Levothyrox® nouvelle formule. Une tribune où deux « médecins » ont maladroitement tenté de démontrer que les victimes sont des personnes influençables et que leurs souffrances ne sont que l’effet des média et des réseaux sociaux.

Le fameux effet NOCEBO

Le fameux effet NOCEBOComme le scandale du Levothyrox ne s’est pas calmé, ils se sont maintenant mis à 5 (dont les 2 protagonistes de la précédente tribune) pour essayer de démontrer tout aussi maladroitement que les victimes du Levothyrox® nouvelle formule sont au final victimes d’un défaut d’information et de crises d’angoisse.

Ils ont rédigé le 28/12/2017 une tribune dans laquelle ils mettent en avant le désormais célèbre effet NOCEBO.

Cet article commence par nous rassurer : il est cosigné par des « professeurs d’endocrinologie ». Respect pourrait on dire. Malheureusement non, voilà bien le problème. Toute la suite de l’article est totalement déconnectée de la réalité du terrain et des patients.

Exemple :

« Les signalements les plus fréquents (fatigue, maux de tête, insomnie, vertiges, douleurs articulaires et musculaires, chute de cheveux, troubles digestifs, modifications caractérielles) sont banals, peu spécifiques, peu évocateurs d’un déséquilibre thyroïdien. »

D’abord, certains de ces symptômes comme les modifications caractérielles ou les troubles digestifs sont évocateurs d’un déséquilibre thyroïdien. Ce sont les endocrinologues eux mêmes qui l’affirment.

Ensuite, ces 5 individus1 oublient comme toujours depuis le début de ce scandale sanitaire deux éléments fondamentaux :

  1. pour un nombre important de victimes, ces symptômes n’existaient pas (ou plus) avant la prise du Levothyrox® nouvelle formule
  2. pour un nombre important de victimes, ces symptômes sont apparus AVANT l’évocation dans les média et les réseaux sociaux, et pour beaucoup par leur pharmacien, du changement de formule.

Dans la suite de l’article, ces 5 individus1 essaient de nous expliquer que  « Le sentiment d’être mis devant le fait accompli, l’amplification médiatique, un certain silence médical contrastant avec l’activisme des associations, tout était réuni pour créer suspicion et angoisse. ». Comme si les victimes du Levothyrox® sont en fait victimes de crises d’angoisse. Voilà un diagnostic un peu aisé.

Ils utilisent fréquemment le vocable « nous pensons ». Voilà, si besoin était, une belle preuve que cet article est bien éloigné de la réalité des malades. Qu’attendent les victimes ? Que des médecins pensent ? Que nenni, qu’ils aient des CERTITUDES, qu’ils les SOIGNENT une bonne fois pour toutes, au lieu de s’épancher dans les média pour minimiser la gravité de la situation.

Dans la suite de l’article, l’on retrouve en vrac des arguments maintes fois exposés par ceux qui veulent botter en touche sur ce scandale sanitaire :

  • le  » précédent  » en Nouvelle Zélande
  • le défaut d’information : réel, mais faux alibi

Et  enfin, puisque le ridicule ne tue pas, ces 5 individus1 concluent par une magnifique idée : « Nous pensons qu’il est urgent de recréer la confiance entre les interlocuteurs ». Après avoir lu leurs propos, nous pensons (!) qu’elle est loin d’être recréée avec les « professeurs d’endocrinologie » !

Nota bene : pour celles et ceux qui souhaiteraient se faire un avis sur l’indépendance des rédacteurs de cette tribune vis à vis des laboratoires et du laboratoire Merck® en particulier,  il est possible de consulter la Base Transparence Santé.

1 Individu : Être humain, personne par opposition au groupe, à la société, à la collectivité, à la masse (Dictionnaire Larousse)

Crédit photo : Valley Morning Star

 

About Isabelle

Isabelle
Rédactrice en chef. De formation littéraire, elle apprécie plus particulièrement les articles mode et société.

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